Page:Gogol HalperineKaminsky - Veillees de l Ukraine.djvu/79

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Comme sa svitka blanche lui va bien. Il lui faudrait une ceinture plus éclatante ; il est vrai que j’aurai le temps de lui en broder lorsque nous serons en ménage… Je ne puis penser sans joie, continua-t-elle en tirant de son sein un petit miroir doublé de papier rouge, acheté à la foire, et en s’y regardant avec un vrai plaisir — je ne puis penser sans joie au jour où je la rencontrerai quelque part ! Je ne la saluerai pour rien au monde, dût-elle en crever. Non marâtre, tu as assez battu ta belle-fille ! le sable germera sur la pierre et le chêne se penchera sur l’eau comme un saule pleureur, plutôt que je m’incline devant toi. Ah ! oui… j’oubliais… je veux essayer le bonnet[1] même de la marâtre pour voir comment il me va. »

Elle se leva le miroir dans la main et la tête inclinée sans le quitter des yeux, elle marcha timidement à travers la chambre comme si elle craignait de tomber en voyant sous elle, au lieu du sol, le plafond avec ses planches d’où était dégringolé le popovitch et ses rayons garnis de poteries.

  1. Que portent les femmes mariées.