Page:Goncourt - Journal, t1, 1891.djvu/276

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à propos de M. de Sade : « C’est la bêtise la plus amusante que j’aie rencontrée ! »

Et de Sade lâché, le voilà à dresser d’énormes et pantagruéliques ironies contre les attaqueurs de Dieu. Et il narre qu’un individu est mené à la pêche par un ami, qui jette l’épervier et retire une pierre sur laquelle est écrit : Je n’existe pas. Signé : Dieu. Et l’ami athée lui dit : Tu vois bien !

Flaubert a choisi pour son roman antique, Carthage, comme le lieu de la civilisation la plus pourrie du globe, et, en six mois, il n’a fait encore, dit-il, que deux chapitres : un repas de mercenaires et un lupanar de jeunes garçons[1].

Là-dessus Saint-Victor se met à proclamer sa catholicité d’artiste et de lettré, à dire qu’il lit avec un plaisir énorme les débats de l’affaire Mortara, pris d’un intérêt passionné pour tout ce qui touche à la mythologie. « Ah ! s’écrie l’original catholique, je ne connais rien de beau comme une grande fête dans Saint-Pierre, les cardinaux qui lisent leurs bréviaires, dans ces poses insolemment renversées des pendentifs, avez-vous vu, avez-vous vu ?… Oui, la religion catholique, au fond c’est une fameuse mythologie ! »

Et c’est un convive qui compare Aubryet à un chat dans un courant électrique ; et c’est un autre qui, énumérant les journaux en possession des juifs, la Presse, le Constitutionnel, les Débats, le Courrier

  1. Le chapitre a dû être abandonné.