Page:Goncourt - Journal, t5, 1891.djvu/40

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


tient absolument à son idée. Elle ne m’écoute pas, quand je lui dis qu’un homme à moi viendrait chercher l’Empereur dans un coupé sans armes, au chemin de fer… Oui, c’est l’Impératrice, de concert avec Palikao, qui a empêché le retour de l’Empereur.

« Un détail. Trochu, qui était avec moi, demande à lui lire la proclamation qui le nomme gouverneur de Paris. Il commence : « L’Empereur m’a nommé gouverneur de Paris… » L’impératrice interrompt : « Non, non, ne mettez pas là, la personnalité de l’Empereur. » Le curieux, c’est que la proclamation avait été rédigée au crayon, à la lueur d’un bout de bougie, et qu’avec la maladresse qu’a Trochu à écrire, il avait débuté par : « Je suis nommé gouverneur de Paris » et que c’était moi qui avais substitué la phrase qu’il lisait à l’Impératrice. L’Impératrice semblait blessée que nous fassions revivre le nom de l’Empereur sur un papier gouvernemental : Palikao, depuis un mois au moins, n’osant plus faire mention de sa personne. »

15 février. — Depuis quelque temps, dans le non travail et l’ennui, la fabrication de mille choses inférieures prenant ma pensée et mes jambes, me font vivre, à la fois, en une espèce d’ahurissement et d’hallucination courante et emportée.

Flaubert me disait que sa mère, après la mort de son mari et de sa fille, était tout-à-coup devenue athée.