Page:Goncourt - Journal, t5, 1891.djvu/39

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


pousser en avant. Et remarquez, messieurs, que je ne vous dis que ce que m’a affirmé Mac-Mahon. Il se disposait à faire rétrograder ses troupes, quand il reçoit une lettre de Bazaine, lui annonçant qu’il sortirait, le 26, de Metz. Cela l’ébranle et ne le décide pas. Il en réfère à Palikao, qui lui intime l’ordre de marcher en avant. Il se décide un peu malgré lui, mais sa responsabilité était couverte.

« La faute, oui la voilà, c’est cette dépêche de Palikao, cette dépêche qui a tout ruiné. Sans cette dépêche, toute l’armée se retirait derrière la rive gauche de la Seine, on y encadrait toutes les forces vives du pays, et nous livrions la bataille de Châtillon, cette fois avec de vrais soldats. Car, qu’est-ce que vous aviez en fait de vrais soldats à Paris, le 35e et le 42e — rien de plus… Trochu et moi, il faut qu’on le sache, nous n’avons accepté la responsabilité du siège qu’avec une armée de secours sous les murs de Paris. Sans cette armée, il était impossible que cela ne finît pas comme cela a fini… Je reviens à l’Empereur. Il était donc décidé à rentrer aux Tuileries. Me voici dans la nuit du 18 août chez l’Impératrice. Je lui annonce le retour de l’Empereur. Elle s’écrie : « Qu’il faut qu’il ne revienne pas, qu’il se fasse tuer à la tête de son armée ! » J’ai beau lui objecter qu’il y a un sentiment général qui s’oppose à ce qu’il garde le commandement, j’ai beau lui dire que s’il ne commande plus, il est nécessaire qu’il abandonne son rôle de chevalier errant, qu’il est nécessaire qu’il soit sur son trône, qu’il rentre aux Tuileries. L’Impératrice