Page:Goncourt - Journal, t5, 1891.djvu/47

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Il veut apprendre les premiers éléments de la peinture à l’huile, qu’il n’avait point encore attaquée.

Il va trouver Isabey, qui le place chez Ciceri. Dans l’atelier de Ciceri, il se trouve avec Hoguet, Hildebrand. Cet homme, qui a bu tant de lumière, a horreur de Paris, au mois de septembre. Il a horreur du ton de grisaille en faveur dans l’atelier, de ce ton avec lequel il voit peindre le ciel, si bien qu’il lui arrive un jour de mettre une boule de mastic sur la palette de Hoguet. Il reste quinze jours chez Ciceri. Il sait maintenant la trituration de la chose.

Il repart aussitôt pour Venise, que, sauf une excursion de neuf mois en Russie, il habite jusqu’en 1848.

Pendant ces longues années, il étudie, selon son expression, l’anatomie des monuments, donnant à chaque détail d’architecture, à chaque colonne, son caractère — et s’astreignant à faire cela, sévèrement, à la mine de plomb.

Enfin, après avoir résisté à de magnifiques offres de la Russie, il se retrouvait en 1848, au quai Voltaire, assez misérable, assez besogneux, obligé de donner des leçons, quand l’ARTISTE, en qualité de voisin, lui consacrait un long article. Bientôt après, il remportait, au Salon, une première médaille. Son affaire était faite.

Samedi 2 mars. — Il y a aujourd’hui à dîner, chez Flaubert, Théophile Gautier, Tourguéneff, et moi.