Page:Goncourt - Journal, t5, 1891.djvu/57

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Parfois, devant l’envahissement de son salon par les hommes à feutre mou, il se laisse retomber ; avec une lassitude indéfinissable, sur son divan, en jetant dans une oreille amie : « Ah ! voilà les hommes politiques ! »

Pauvre malheureux grand homme, qui, devant la menace d’une visite de X…, dit tristement à ses intimes : « Si X… vient, nous ne lirons pas de vers ! » — des vers qu’il s’était fait, quelques instants avant, une fête de lire.

Il disait à Judith, ces jours-ci, dans une visite où il se sauve de son chez lui : « Si nous conspirions un peu, pour faire revenir les Napoléon, alors, n’est-ce pas, nous retournerions là-bas… nous irions à Jersey… nous travaillerions ensemble. »

Mardi 26 mars. — Hugo disait, ces jours-ci, à Burty : « Parler, c’est un effort pour moi, un discours, ça me fatigue comme de faire l’amour trois fois ! » Et après un moment de réflexion : « Quatre même ! »

Jeudi 28 mars. — Je retrouve toujours Hugo, dans des campements, dans des logis de halte.

Il y a, dans le petit salon où je suis introduit, deux commodes étagées l’une sur l’autre et un grand cadre sculpté, posé à terre, couvre tout un panneau