Page:Goncourt - Journal, t5, 1891.djvu/91

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les paupières d’une houri turque, aux interrogations enfantines, à l’air boudeur d’une pensionnaire en pénitence, une jeune Rothschild s’ennuyant, s’ennuyant, comme seuls les millionnaires savent s’ennuyer.

Les maîtres ont l’orgueil du passé historique, qu’a acquis leur château, depuis l’entrevue de Ferrières, et la vieille Mme Rothschild nous retient longtemps dans le salon de famille, où Bismarck s’est rencontré avec Jules Favre.

L’entrevue a eu lieu en pleine tapisserie de Boucher. C’est la première fois, qu’un mobilier français du XVIIIe siècle assistait à une pareille honte.

Octobre. — Dans le plantage d’arbustes, amenés par charretées, dans la fatigue des courses chez les pépiniéristes de la grande banlieue parisienne, dans cette vie en plein air et sur les jambes, depuis le lever jusqu’au coucher du jour, dans le bouleversement de ce qui est, dans le rêve de ce qui sera, dans la création de mon jardin, je vis en un bienheureux ahurissement, auquel la folle dépense, sans compter, apporte quelque chose de la fièvre du jeu. Et je suis avec cela heureusement absent de moi-même.

24 octobre — Hier, en dînant, le nez dans un journal