Page:Goncourt - Journal, t9, 1896.djvu/249

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Un public nombreux très enthousiaste, où se trouve mêlé au public élégant des expositions, une foule d’étrangers, et un certain nombre de prêtres.

Tout d’abord des dessins à la plume de la Vallée de Josaphat, du Jardin des Oliviers, du Pont de Cédron, du Chemin de Getsémani, trop microscopiques, trop petiots de forme et de facture. Mais il faut le dire, il y a des reconstitutions de Jérusalem, lavées de couleurs, qui ont un peu du caractère des grandes cités ninivites, peintes par le peintre anglais Martins.

Quant aux dessins à la plume, représentant des types juifs, Tissot nous les montre portraiturés dans la vérité du type juif autochtone, et donnant très exactement ces grands nez courbes, ces sourcils broussailleux, ces barbes en éventail, ces regards précautionneux soulevant de lourdes paupières, et les pensées calculatrices, et les jovialités mauvaises, et la perfide cautèle, sous la bouffissure de graisse de ces faces.

Maintenant, dans la monographie particulière du Christ, en toutes ces rangées d’aquarelles, à la linéature, en général sèchement découpée dans une coloration un peu froide, nombre de dessins artistement composés, avec d’habiles groupements, comme les Mages en voyage, Jésus parmi les docteurs, etc., etc. Un rude et beau saint Pierre, bien tempétueux dans l’envolée autour de lui de sa tunique, une franche et jeunette figure de saint Jean l’Évangéliste. Une petite merveille du clair-obscur, c’est l’aquarelle de Jésus devant Pilate, intitulée : Premier entretien. —