Page:Gosset - Histoire du Moyen-Âge, 1876.djvu/340

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Scala, Bonino da Campione ; l’érudition par Bracciolini, Barthole, Leonardo Bruni, Marco Polo et cent autres. La plupart des souverains de la Péninsule favorisèrent le développement des lettres et des arts, et plusieurs eurent l’honneur de vivre dans l’intimité des poëtes et des savants. Les princes si éclairés de la famille des Hohenstaufen avaient créé les premiers dans leur royaume de Naples une véritable cour de lettrés, et leurs successeurs de la maison de France, en s’emparant de ce pays, héritèrent du même goût pour les œuvres de l’esprit. Robert Ier, petit-fils de Charles d’Anjou, employa les instances les plus amicales pour déterminer Pétrarque à venir habiter Naples. Peu désireux de troubler son long règne pacifique (1309-1343), ce roi refusa la possession de la Sicile que les souverains d’Aragon continuèrent de gouverner et à laquelle ils ajoutèrent la conquête de la Sardaigne. À Robert succéda sa petite fille, Jeanne Ire, mariée à son cousin André de Hongrie, issu d’une branche collatérale de sa famille dont le chef, Charobert, avait été récemment le fondateur de la dynastie angevine qui régna quelque temps sur la nation des Magyares.

Amoureuse d’art et d’aventures, la reine Jeanne dut à la légèreté de ses mœurs d’être accusée, plutôt que convaincue de toutes sortes de débordements et de crimes. Après l’assassinat de son premier mari, qu’on lui attribua, elle épousa Louis de Tarente, et, à la mort de ce dernier (1352), le comte de Roussillon et de Cerdagne, Jacques d’Aragon. Veuve une quatrième fois, elle célébra de nouvelles noces avec un condottiere de la famille d’Este, Otton de Brunswick (1376), union qui mécontenta gravement son cousin Charles de Duras, fils du roi de Hongrie, qu’elle avait adopté pour son héritier. À la fin du pontificat de Grégoire XI, qui était rentré à Rome en 1376, mettant fin, à la prière de Catherine de Sienne, à la captivité de Babylone, Jeanne prit sous sa protection les cardinaux français et italiens réunis à Fondi pour protester contre l’élection de l’archevêque de Bari qui avait adopté le nom d’Urbain VI. Ce nouveau con-