Page:Gossuin - L’Image du monde, édition Prior, 1913.djvu/107

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terre par vaus et par plains [1], la hautesce de [2] granz montaingnes et les granz valées parfondes et les granz ondes de mer et les granz flueves li sambleroient mains paroir envers la terre que ne feroit un cheveill d’oume desus une poume ou desus son doit. Mais ne montaingne ne valée, tant soit haute ne parfonde, ne tout [3] a la terre sa reondesce [a] : neant plus que la gale laisse a estre reonde por [F° 44 a] ses espingnons. Car il couvient que la terre soit reonde pour estre i [4] plus de genz. Si vous dirons après pour quoi [5] il couvient que li mondes soit reonz.

  1. — N : plaingnes.
  2. — B : des.
  3. — B : toult.
  4. — B : y.
  5. — B : coi.
  1. « Qui porroit... sa reondesce. » Neckam, De Laud. 5. Honorius Aug. o. c. I, 5. Ce passage est mentionné dans l’Introduction p. 36.


xiii [a].
Pour quoi [1] Diex fist le monde reont.

Diex forma [2] tout reont le monde. Car de toutes formes [3] qui sont, tant aient manieres diverses, ne pueent estre si plenieres [4] ne tant pourprendre [5] par nature comme fait la figure qui est reonde. Car c’est la plus ample de toutes les figu-[F° 44 b]res [6] [b]. Dont vous pouez tel essample prendre : Car il n’est nus [7], tant soit sages ne soutis en oevre, ne tant i sache entendre, qu’il peüst faire, pour nulle riens, d’autretant de merrien un vaissel de fust [* 1], ou de pierre, ou de metal, qui fust ausi amples, ne qui tant tenist en nul endroit, comme feroit le [8] reonz.

Ne figure que nus feïst ne se pourrait ausi mouvoir de nulle part, n’ausi tost [9] avoir son tour en nul sens [F° 44 c] que l’en puisse entendre, que il nel couvenist [10] pourprendre autre lieu que celui devant, fors seulement que la reonde qui tout entor [11] se puet mouvoir sanz avoir autre lieu, que ele ne pouroit [12] autre avoir que le premier, ne passer une seule roie dou lieu ou ele se tient [* 2]. Dont vous en [13] pouez veoir la nature par une

  1. — B : quoy.
  2. — B : fourma.
  3. — B : fourmes.
  4. — B : plaineres.
  5. — B : porprendre.
  6. — B : Car de toutes les figures c’est la plus ample.
  7. — B : nus hons.
  8. — B : li.
  9. — B : n’aussi tout.
  10. — B : convenist.
  11. — B : entour.
  12. — B : porroit.
  13. — B : « en » manque.
  1. * « qu’il peüst... de fust » : il n’y a pas d’homme qui puisse faire, d’aucune manière, avec la même quantité de matière, un vaisseau de bois ou de pierre...
  2. * « Ne figure... tient » : Aucune figure que l’on puisse tracer ne pourrait se mouvoir ni tourner dans aucun sens que l’on puisse imaginer sans qu’elle doive prendre une position différente de sa position précédente : sauf la figure ronde qui peut faire son tour sans changer de place, et qui peut rester à sa première place sans en bouger d’une ligne.
  1. [F° 44 a45 b = Vers 1867-1918.]

    Le chapitre XIII dans le ms. Arundel contient les vers de 1867 à 1902. Le chapitre XIV commence au vers 1903. De plus, dans le ms. en vers il manque un passage qui correspond à la page 44 d de la rédaction en prose, depuis « Et ce pouez... » à « ... si sont quarrées ».

  2. « Diex forma... figures. » Sydrach Ad. 158.