Page:Gossuin - L’Image du monde, édition Prior, 1913.djvu/91

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qui est de noble estre, comme cele qui vient de Dieu et a Dieu s’en veult [1] revenir. Et pour [2] ce sont les arz liberaus. Car il [3] [* 1] font l’ame toute franche, et ensaingnent [4] quanque l’en doit faire [5] proprement en chascune chose. Et ce est la droite reson pour quoi [6] ele a non arz [7] liberaus. Car ele fait l’ame liberaus [8], et de tout mal la delivre [9].

De ceste est musique commune, qui s’acorde a chascune si bien que par li furent les [F° 30 b] ·vii· arz concordées si comme eles durent. De ceste sont estraiz touz les chanz [10] que l’en chante en sainte eglise [11], et toutes les acordances de touz les estrumenz qui ont divers acordemenz et [12] divers sons [13], et ou il a raison et entendement d’aucunes choses [14]. Qui set la science de musique, il set l’acordance de toutes les [15] choses. Et toute la creature qui se painne [16] de bien faire se ramainne [17] a concordance [18].

Ce [19] est astronomie.

[F° 30 c] La septiesme, si [20] est astronomie qui est de toute clergie la fins [21]. Ceste ensaigne [22] raison par quoi [23] l’en doit enquerre de [24] choses de la terre et du ciel, de celes qui sont faites par nature, ja si lointaingnes ne seront. Et qui bien set astronomie, il set metre [25] rai-[F° 30 d]son en toutes choses. Car Nostre [26] Sires fist toutes riens [27] par raison, et donna son non a chascune riens.

Par ceste art furent premierement emprises et enquises toutes autres sciences de decrez et de devinité [28], par quoi toute crestienté [29] est convertie a droite foi de Dieu amer et servir le roi tout puissant a cui [30] tout li biens se donne et alie, qui toute astronomie fist, et le ciel et la terre et le souleill et la lune et les estoiles, comme cil qui est li [F° 31 a] verais gouvernierres et li vrais voiles de gouverner tout le monde et adrecier [31]. Ne riens ne peut durer sanz lui. C’est li verais [32] astronomiens ; car

  1. — N : veut.
  2. — N : por.
  3. — C : ilz ; R : ils ; N : il.
  4. — N : enseingnent.
  5. — N : fere.
  6. — B : raison pour quoy.
  7. — B et N : ars.
  8. — N : ele fet l’ame liberal.
  9. — B et N : la delivre de touz maus.
  10. — B : chans ; N : chanz.
  11. — B et N : eglyse.
  12. — N : « et divers sons » jusqu’à « d’aucunes choses » manque.
  13. — B : son.
  14. — B : « d’aucunes choses » manque.
  15. — B et N : « les » manque.
  16. — B et N : paine.
  17. — B et N : ramaine.
  18. — B : a concordance veraiement.
  19. — B : Ci.
  20. — B : « si » manque.
  21. — B : qui la fins de toutes clergies est.
  22. — A : « ensaigne » manque ; B : ceste ensaigne.
  23. — B : quoy.
  24. — B : des.
  25. — B : meitre.
  26. — B : noustre.
  27. — A : « riens » manque.
  28. — B : divinité.
  29. — B : crestientez.
  30. — B : qui.
  31. — A : li vrais voiles et li verais gouvernierres de tout le monde gouverner et adrecier.
  32. — B : vrais.

    rales ». — La leçon de la rédaction en prose est confirmée par la rédaction en vers :

    Sloan f ° 87 c : Mais celes qui a l’ame servent
    Sloan f ° 87 c : liberal non au mont deservent.

  1. * Nous trouvons quatre fois dans le texte du ms. A il où nous nous attendrions à trouver eles (nom. pl. fem.). Les deux premiers cas (fos 30 a et 32 a) s’expliquent par le genre de « arz » qui, dans notre texte, est tantôt masc. tantôt fem. ; de plus, il est confirmé par les ms. B et N. Les deux autres cas se trouvent fos 56 c et 82 b. Cf. note fo 56 c.