Page:Gossuin - L’Image du monde, édition Prior, 1913.djvu/92

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il set tot [1], et les biens et les maus, comme cil qui astronomie fist, que l’en soloit jadis pour amie [2] tenir. Car c’est une art de si trés noble estre que, qui en porroit estre bien sages, il porroit connoistre a droit comment li mondes fu compassez [3] [* 1] et assez d’autres choses. [F° 31 b] Car c’[4] est la science par quoi [5] l’en connoist miex et plus a droit toutes [6] riens.

Par li seule furent trouvés [7] les autres ·vi· qui sont nommées devant [8] ; et sanz eles ne porroit nus savoir a droit d’astronomie, tant fust sages ne poissanz [9]. Tout ausi comme une hache ou ·i· autre outill de maçon sont li estrument [10] par quoi il forme [11] sa besoingne [12] et de quoi il fait son mestier, tot [13] autresi par droit majestire [14] sont les autres [F° 31 c] ·vi· estrument [15] et fondement d’astronomie.

Et li preudoume [16] ça en arriere, et roi et prince et duc et conte et autre grant seigneur [17], par leur sens et par la [18] bonne maniere qui estoit en euls, metoient toute leur painne et tout leur labour en savoir les arz [19] de clergie pour d’astronomie entendre [20]. Et tant i entendirent qu’il en sorent assez par la volenté de Dieu. Car il sorent mainz granz afaires qui avenoient par le monde. Si ne [F° 31 d] prisoient riens les choses qui avenoient en terre, comme cil qui bien en savoient la raison.

Si estoit coustume au tens de lors que se nus fust sers a autres genz [21], ne nus hons bas, ne nus vilains, tant fust plains de grant avoir ne de richeces [22], n’osoit il riens aprandre [23] des ·vii· arz pour les gentils hommes qui tuit en vouloient entendre [24] le principal, pour ce qu’il fussent liberal et franc. Et par ceste raison leur mistrent il a non les [F° 32 a] ·vii· arz liberaus.

Et a droit les nommerent liberaus. Car eles [25] sont si franches que il [26] rendent l’ame toute franche a Dieu. Et sont ordenées si a droit et données si entierement que l’en n’en peut [27] riens oster ne riens metre, tant s’en seüst entremetre, tant fust sages. Car se l’en en remuoit riens qui i soit, eles seroient toutes desfigurées. Car eles sont si a droit faites que nus hons qui soit en tout le monde, tant fust de [F° 32 b] parfonde escience, ne paien, ne [28] juif, ne crestien, n’i peut [29] riens ne muer, ne oster, ne contrester de rien.

  1. — B : tout.
  2. — A : « amie » manque.
  3. — A : compasserz.
  4. — B : ce.
  5. — B : coi.
  6. — B : toute.
  7. — B : trouvées.
  8. — B : devant nommées. ; N : nomées.
  9. — B : puissanz ; N : poissanz.
  10. — B : les instrumenz ; N : les estrumenz.
  11. — B : fourme ; N : forme.
  12. — B : besoigne ; N : besoingne.
  13. — B et N : Tout.
  14. — A : droit maiesture ; B et N : maiestire ; C : droite maistrie. Sloan : droit maiestire.
  15. — B : estrumenz.
  16. — B : les preudommes.
  17. — B : arrieres, et rois et princes et contes et autres granz seigneurs ; N : arrieres, et rois et princes et dus et contes et autres granz seigneurs.
  18. — B : leur.
  19. — B : ars.
  20. — B : pour entendre d’astronomie.
  21. — B : gens.
  22. — B : richeises.
  23. — B : aprendre.
  24. — A : « entendre » manque ; B : entendre en voloient.
  25. — B : il.
  26. — Voir notes f° 30 a, 56 c sur il.
  27. — B : puet.
  28. — A : ne ne.
  29. — B : puet.
  1. * Compasserz : cette forme est isolée dans le ms. A, et n’est pas confirmée par d’autres ouvrages.