Page:Gouges - L esclavage des noirs (1792).djvu/42

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page a été validée par deux contributeurs.
39
DRAME.

CORALINE.

J’étois ſur le port au moment qu’on annonçoit cette malheureuſe nouvelle. Pluſieurs Colons attendoient avec impatience un navire qu’on découvroit dans le lointain. Il eſt enfin entré au port, & auſſi-tôt tous les habitans l’ont entouré, & moi, toute tremblante, je me ſuis enfuie. Pauvre Mirza ! malheureux Zamor ! nos tyrans ne leur feront pas grâce.


AZOR.

Oh ! je t’en réponds bien ; ils ſeront bientôt morts.


BETZI.

Sans être entendus ? ſans être jugés ?


CORALINE.

Jugés ! il nous eſt défendu d’être innocens & de nous juſtifier.


AZOR.

Quelle généroſité ! & on nous vend par-deſſus au marché comme des bœufs.


BETZI.

Un commerce d’hommes ! Ô Ciel ! l’humanité répugne.