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DRAME.

rite, & je vais te faire enfermer pour le reſte de tes jours.


Julie, ſe jettant aux genoux du Marquis.

Ah ! Monſieur, ayez pitié de votre fils, moi ſeule je ſuis coupable.


Le Marquis.

Il ne reſte qu’un moyen de le ſauver, c’eſt de monter ſur le champ à l’autel, & d’y prononcer vos vœux. Je jure d’oublier ſon crime.


Julie, ſe relevant.

O Dieu ! ſoutiens mon courage. Pardonne à ma foibleſſe ſi mon cœur dément ce que ma bouche va prononcer. (Elle marche à l’Autel, le Chevalier l’arrête par un mouvement rapide.)


Le Chevalier.

Julie, qu’allez-vous faire ? (Julie, après s’être débarraſſée de ſes mains, marche à l’Autel.)


Le Curé.

Arrêtez, fille infortunée, la violence eſt manifeſte : Dieu rejette des vœux qui ne ſont pas librement prononcés. (à l’Abbeſſe.) Madame, je vous engage, par toute l’autorité de la religion, d’empêcher ce ſacrilége qui retomberoit ſur vous & ſur ceux qui le com-