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POÈMES DE FRANCE

20 janvier 1915.

Les revues littéraires ont à peu prés toutes cessé de paraître et celles qui ont persévéré s’ouvrent plus volontiers à des considérations politiques ou économiques qu’à la poésie. Cela faisait mal l’affaire de M. Paul Fort, dont la fécondité toujours en éveil avait besoin de se répandre. Alors il a fondé les « Poèmes de France », un petit bulletin qui, depuis deux mois passés, nous apporte tous les quinze jours quelques « ballades » douloureusement émues ou ironiques. Il faut entendre « ballades » au sens bien particulier qu’a donné Paul Fort à ce poème. Son premier recueil s’appelait Il y a des cris. Les ballades qu’il a données depuis sans se lasser jamais furent toujours des cris : cris d’amour, cris de joie, cris qui sont des étonnements, cris qui sont des sanglots, cris qui sont toujours de la poésie. Un autre eût appelé cela des chants ou des odes, mais il a si bien fait que l’on s’est habitué au mot « ballade » et qu’il semble que rien ne convienne mieux à ces poésies