Page:Gourmont - Une nuit au Luxembourg, 1906.djvu/148

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sur votre terre un lent retour vers l’unité primordiale. Tous les organismes se résorberaient dans cette gelée informe et pourtant vivante qui s’est différenciée peu à peu, au cours des temps, en milliers d’êtres dissemblables. Le mouvement, arrivé à son plus haut période, redescendrait. L’évolution se continuerait en régression. Le vertébré redeviendrait l’annélide, l’annélide le rien qui rampe comme une tache d’huile à la surface de l’eau.

Quant à la destruction de notre monde solaire par un cataclysme, c’est une idée de théâtre, mais de théâtre possible. Elle est à à la fois dramatique et vulgaire, à la portée de tous, sans intérêt philosophique ni scientifique. Le premier venu peut concevoir un choc et un éclatement, comme il conçoit un incendie, un naufrage ou une explosion. Si