Page:Gourmont - Une nuit au Luxembourg, 1906.djvu/205

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grand lit à colonnes, très large et presque somptueux, seul luxe, d’ailleurs, de ce garçon sentimental et libertin, le lit était ravagé. Il avouait une nuit d’amour frénétique ou un accès de fièvre hallucinatoire. Les couvertures pendaient, les oreillers étaient l’un au milieu, l’autre aux pieds du lit ; deux bougies, au chevet, s’étaient consumées entièrement. Sur un divan, des habits d’homme étaient jetés et, parmi ces habits, je découvrais une robe de femme, de forme antique ou plutôt empire, une sorte de peignoir en drap blanc spongieux, très fin, avec une ceinture froncée et beaucoup de broderies jaunes et bleues, et beaucoup de dentelles. J’aperçus aussi des bas de soie blancs tout unis, et des jarretières jaunes à boucles de strass, ainsi qu’une mule en maroquin bleu ; je ne trouvai pas l’autre Les habits d’hommes étaient ceux de mon