Page:Gourmont - Une nuit au Luxembourg, 1906.djvu/28

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autant qu’un autre. Rien ne m’étonne et tout m’amuse. Je suis d’ailleurs, de ma nature, à la fois sceptique et curieux. C’est pourquoi, levant les yeux vers l’église, mon attention fut vivement surexcitée par ce fait que les verrières du côté de la rue Palatine semblaient comme illuminées par les rayons d’un éclatant coucher de soleil. Or le soleil n’avait pas brillé de la journée et, même si le ciel eût été pur, aucun rayon, aucun reflet ne pouvait, à cette heure tardive, éclairer le côté sud de l’église Saint-Sulpice. Je songeai à un incendie, mais nulle trace ne s’en voyait dans le ciel. Il se passait certainement quelque chose d’insolite à l’intérieur. Je me hâtai vers la porte de la rue Palatine. Comme j’avançais, sans perdre de vue les fenêtres, je m’aperçus que la lueur semblait maintenant descendre le long de l’église, comme si l’on eût promené dans ce