Page:Gourmont - Une nuit au Luxembourg, 1906.djvu/43

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Comme je méditais ces paroles qui troublaient un peu mon entendement, nous étions arrivés devant les grilles du Jardin. Là, je m’arrêtai, contemplant le sombre dessin des grands arbres nus. De lourds nuages noirs passaient dans le ciel, qu’un invisible croissant de lune éclairait très faiblement.

— Qu’il est triste, dis-je, ce parc, par un soir d’hiver, et plus triste encore à travers ces barreaux !

Mais la porte s’entr’ouvrit et nous entrâmes. J’avais vu tant de choses, entendu tant de paroles, éprouvé tant d’émotions étranges, que ce nouveau miracle ne me causa qu’une médiocre surprise. Nous étions dans le jardin.

— Allons, dit-il, du côté des roses.