Page:Gourmont - Une nuit au Luxembourg, 1906.djvu/51

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L’AUTRE

Tiens, vous saignez ? Je vous avais prévenu.

Une goutte de sang s’était écrasée sur mon doigt. Je regardai la jeune femme sans lui répondre. Elle n’avait pas l’air ironique que je lui soupçonnais. Rassuré, je me rapprochai d’elle ; elle appuya sa main sur mon bras.

À mesure que ces scènes charmantes se déroulaient, je m’adaptais à ce milieu singulier. La suite de l’aventure me parut bientôt des plus naturelles. Nous nous promenions le matin dans un beau parc solitaire et fleuri. Ce sont des choses qui arrivent dans la vie, aussi bien que dans les rêves, et je fus bientôt tout à mon plaisir.

Nous marchions maintenant dans un jeune