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De l’A latin dérivent toutes les formes de la même lettre qui ont été en usage chez les peuples de l’occident de l’Europe. L’A capital de nos caractères d’imprimerie est exactement le même que celui que traçaient les lapicides de l’ancienne Rome. Mais il ne faudrait pas croire que sa forme n’ait subi aucune altération à travers les âges. Dans les manuscrits où on le trouve tracé avec sa forme normale, et même dans les plus anciens, comme le Virgile de Saint- Gall, dans les imitations carolingiennes, dans les titres et les initiales des manuscrits postérieurs, cette forme est arti- ficielle et ne persiste exceptionnellement que sous la plume de quelques calligraphes qui dessinent plutôt qu’ils ne tra-

1. ORIGINE ET DÉRIVATION DE L’A GREC.

CORINTHIEN ÉOLO-DORIEN A AAA ARGIEN HIÉRATIQUE ÉGYPTIEN PHÉNIC IEN Punique (Inscriptions GREC CADMÉEN ATTIQUE A A A Archaïque A A

M.f A À | GREC DES ILES AAAA^AAA IONIEN

AAAAA cent une forme de caractère depuis longtemps tombée en désuétude dans l’écriture ordinaire. Dès l’antiquité, la né- cessité d’écrire plus rapidement avait fait subir à l’A comme aux autres lettres des altérations dont on peut juger par les inscriptions tracées à la pointe sur les murs de Porapéï, connues sous le nom de graffiti, et par les tablettes de cire et les rouleaux de papyrus qui se sont conservés à Herculanum, à Pompéï, et dans quelques autres lieux. La 2 9 et la 3 e colonne du tableau suivant en montrent des spécimens. Les copistes, même lorsqu’ils écrivaient des manuscrits entiers en capitales, n’ont pas conservé à l’A sa forme normale. La plupart du temps la barre en a été

2. OR1GLNE ET DÉRIVATION DE L’A DES ÉCRITURES DE L’ITALIE.

ETRUSQUE EOLO-DORIEN AAAflflfl/ifl/ÎA ALPIIADETS TALIOTES Ombrien. Sabellique. A A A Osque. Euganéen. Rhétien. Salasse.

supprimée, et le montant de gauche n’a plus été qu’un trait léger, comme on peut le voir à la 4 e colonne du même tableau. Dans l’écriture dite onciale la barre réunie au montant de gauche a pris le caractère d’une panse ; ce caractère s’est accentué davantage dans l’écriture semi- onciale, et davantage encore dans la minuscule , dont l’a ne tarde pas à ressembler à celui de nos caractères romains d’imprimerie. L’A de l’écriture cursive la plus ancienne présente une analogie très sensible aveo l’A de l’écriture capitale rustique ; c’est d’abord une sorte de capitale cursive, mais la panse qui y représente l’ancien montant de gauche uni à la barre ne tarde pas à prendre plus d’importance que le montant de droite. De la liaison des caractères entre eux qui est un trait distinctif de la cursive, il résulte que cette panse reste ouverte par en haut. Cet a ouvert, qui se confond facilement avec Vu, s’est longtemps conservé dans l’écriture cursive où il a coexisté avec l’a et l’a, et où on le trouve jusqu’au xnr 9 siècle, tout au moins dans les lettres suscrites.

L’A des différentes écritures dites nationales ne pré- sente pas de particularités qu’il soit nécessaire d’expliquer. L’examen du tableau que nous en donnons fera mieux juger de la forme spéciale qu’affecte ce caractère dans les diverses écritures que tout ce que nous en pourrions dire.

La double forme que nous avons vue à l’a minuscule dans les écritures do la première époque persiste dans les écritures gothiques. A côté de l’a, dérivé de la forme