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ZURBARAN — ZURICH

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tère qu’il pratiqua avec prédilection durant toute son existence. Revenu à Séville, il fit pour la chartreuse de Santa Maria de las Cuevas un ensemble de peintures, conservées actuellement au musée provincial, et parmi lesquelles on note, comme supérieures, un Saint Bruno s’ entretenant avec le pape Urbain II, le Miracle de saint Hugo, la Vierge abritant sous son manteau des chartreux et Jésus enfant tressant une couronne d’épines. La chartreuse de Jerez lui commanda également de nombreux ouvrages, aujourd’hui dispersés, et dont quelques-uns, tels qu’une Annonciation, une Adoration des rois et une Adoration des bergers, méritent d’être spécialement signalés. Le musée du Louvre conserve deux importantes toiles de l’artiste, qui firent jadis partie de la décoration de l’église de Saint-Bonaventure, à Séville, et dont les sujets sont empruntés à la vie de ce saint docteur ; un tableau de cette même suite est au musée de Berlin et un quatrième au musée de Dresde. Zurbaran est également dignement représenté dans divers autres musées. Celui de l’Hermitage, à Saint-Pétersbourg, possède un très beau Saint Laurent, avec la signature du maître et la date 1636 ; à Cadix, c’est un Saint Bruno, empreint d’un profond sentiment religieux, un Saint Hugo, évoque, et d’excellents portraits de religieux ; à Madrid, le musée du Prado montre deux compositions tirées de la Vie de saint Pierre Nolasque ; plus fortunée encore, la galerie de l’Académie de San Fernando garde cinq portraits en pied de moines de la Merci, vêtus de frocs blancs aux plis amples et sculpturaux, qui sont des œuvres supérieures ; la National Galery, à Londres, a acquis à la vente du roi Louis-Philippe ce farouche Moine en prières, qui fut jadis tant admiré au Louvre, et possède une Adoration des bergers attribuée longtemps à Velazquez. Des analogies frappantes se notent, en effet, entre les toutes premières productions des deux grands artistes, élevés dans un même milieu, abreuvés aux mêmes sources d’art et recevant, quoique de maîtres différents, un même enseignement ayant pour principe fondamental l’observation et la recherche du naturel et du vrai. En 1650 et à l’appel de Velazquez, son ami et son admirateur, Zurbaran vint à Madrid, où, par ordre de Philippe IV, il entreprit la décoration d’un Salon au palais du Buen Retiro ; il y peignit les Travaux d’Hercule, suite de dix compositions, dont quatre seulement sont de sa main ; elles se trouvent actuellement au musée du Prado. Zurbaran est une des grandes figures parmi cette pléiade d’artistes qui sont l’honneur et l’orgueil de l’école espagnole au xvn e siècle. Son sentiment religieux, si profond et si sincère, est bien autrement viril que ne l’est celui de Murillo, et son naturalisme, moins ûpre, moins artificiel d’effet que celui de Ribera, l’égale cependant sous le rapport de la sincérité et de la puissance. On cite parmi ses élèves les deux frères Polanco, Bernabé de Ayala et Gradilla. Paul Lefort.

Bibi.. : Palomino, El museo pictorico. — Cean Bermudez, Diccionario de los mas ilustres profesores ; Madrid, 1800. — Ci». Blanc, Histoire des peintres de toutes les (’cotes ; Paris. — Paul Lefort, (a Peinture espagnole ; Paris.

ZURICH (Lac de) . Lac de Suisse , dans le canton du même nom, 40 kil. de longueur suri à 4 de largeur ; 88 kil. q. ; ait. : 409 m. ; prof. max. : 143 m. ; eaux vertes dans le bassin supérieur, bleu vert près de Zurich. Ce bassin, qui a la forme d’un croissant allongé d’E. en 0. et N., est formé par le Linth, qui s’y jette à Schmerikon et se déverse par la Limmat, qui en sort à Zurich. Il a des rives très fertiles couvertes de vignes et d’arbres fruitiers et parsemées d’un grand nombre de localités importantes. Il est poissonneux ; on y pêche surtout le brochet et la truite saumonée. La jolie petite ile d’Ufenau a servi de refuge à llrich de Hutten, l’antagoniste de Rome aux premiers temps de la Réformation. Le lac de Zurich possède un service très important de bateaux à vapeur et une flottille de canots. Des lignes de chemins de fer parcourent ses bords et permettent d’en faire le tour. La presqu’île de Rapperswil et la digue du chem. de fer isolent du reste du lac son bassin oriental ou supérieur.

ZURICH. Canton de Suisse, borné auN. par le Rhin et le cant. de Schaflhouse, à TE. par la Thurgovie et Saint-Gall, au S. par les cant. de Zug et de Schwytz, à l’O. par l’Argovie ; 1.723 kil. q. ; 430.336 hab. (en 1900) de langue allemande, en majorité protestants. Il appartient au plateau suisse et au bassin du Rhin. Il y a cependant aux frontières S. et E. quelques sommités, dont la plus élevée a 1.295 m. Quelques chaînes de collines traversent le pays : le Pfannenstiel.leZurichberg et l’Albis. Les vallées ne sont pas profondément tracées ; la plus importante est celle de la Limmat. Les principales rivières sont, outre le Rhin qui forme la frontière sur une longueur de 25 kil. environ, la Limmat, la Thur, la Toess, la Glatt. Il y a plusieurs lacs : ceux de Zurich, de Greifensee et Pfaetïikon sont les plus grands. Le climat est variable, assez doux sur les rives du lac, plus froid dans le reste du pays. Une grande partie du territoire est agricole et vinicolc ; beaucoup d’arbres fruitiers. Cependant l’industrie est l’occupation dominante delà population. Le tissage, l’impression, la teinturerie du coton, ainsi que le tissage de la soie, occupent plus de 60.000 ouvriers. Il y a, en outre, de grandes fabriques de machines de toute espèce, des fonderies, des fabriques de papier. Les usines les plus considérables de la Suisse sont dans le cant. de Zurich. Le chef-lieu est la ville de Zurich, située à l’extrémité N. du lac et sur la Limmat qui la divise en deux parties, ainsi que sur la Sihl ; ces deux rivières y opèrent leur confluence. Par l’incorporation de plusieurs communes suburbaines, le chiffre de la population s’est élevé à 152.942hab. (en 1901). Lavilleesten plaine sur la rive gauche de la Limmat, tandis qu’elle s’élève, sur la rive droite, en gradins qui gravissent le versant du Zurichberg. Le site est très pittoresque ; du quai élevé le long du lac on jouit d’une magnifique vue sur les Alpes. Zurich possède deux églises dont la construction remonte au xi e siècle, le Grossmunster et le Fraumunster ; cette dernière jouissait de privilèges importants que lui avait conférés un roi d’Allemagne. Il y a deux hôtels de ville : un ancien, qui sert aux autorités cantonales ; un moderne, en style allemand, qui est affecté aux services communaux de la ville. Zurich est le siège de deux établissements fédéraux, l’école polytechnique située avec ses nombreuses annexes sur le versant du Zurichberg et le musée national qui occupe un très bel édifice récemment érigé et dont les collections ainsi que les intérieurs sont des plus remarquables. Il s’y trouve également une université et plusieurs établissements importants d’instruction publique, professionnelle, commerciale, etc., en outre une école vétérinaire. Zurich est le centre commercial de toute la Suisse orientale et possède des entrepôts, ainsi que des établissements financiers de premier ordre. Les environs de la ville sont très agréables et offrent plusieurs belles promenades, entre autres le grand parc de Belvoir, donné à la ville par un de ses bourgeois, et l’Utliberg, sommité de la chaîne de l’Albis que l’on gravit en chemin de fer et d’où l’on jouit d’une vue magnifique sur la ville et sur les Alpes. Le cant. de Zurich est une république démocratique représentative avec référendum et droit d’initiative populaire (constitutiondel869).Le pouvoir législatif est exercé par le conseil cantonal élu pour trois ans par le peuple au suffrage universel ; le pouvoir exécutif, par le conseil exécutif élu également pour trois années par le peuple ; le pouvoir judiciaire, par la cour suprême composée de neuf membres nommés pour six ans par le conseil cantonal. Le canton est divisé en onze districts, à la tète de chacun desquels se trouve un préfet assisté d’un conseil de préfecture. La fortune de l’Etat est évaluée à une quarantaine de millions. Le budget s’équilibre avec environ 7 millions en recettes et en dépenses.

Zurich a pour origine un château romain autour duquel s’étendit une ville à l’époque du royaume franc. Les droits