Page:Grave - Les Aventures de Nono.djvu/241

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soldat qui se promenait, habillé de noir, avec des broderies rouges, une grande épée au côté, allant et venant, dans les allées, courut aux petits guenilleux, menaçant de les mener en prison s'ils ne déguerpissaient pas de là.

Plus loin Nono vit une femme en loques, traînant deux marmots à sa suite, un troisième en bas âge, en ses bras, semblait implorer la pitié de beaux messieurs et de belles dames qui passaient sans la regarder, ni faire attention à ses lamentations.

Cependant, une belle madame, jeune, s’arrêtait pour lui mettre quelque chose dans la main. Mais un des soldats en tunique noire, avec une face tenant de l’homme, du lévrier et de la fouine, vint prendre la malheureuse par le bras, lui disant brutalement :

— Je vous y prends, ce coup-ci, à mendier. Allez, suivez-moi chez le prévôt et, de là, en prison. »

Et malgré les cris de ses petits, malgré ses bêlements — en la regardant, Nono lui voyait une vague ressemblance avec les moutons