Page:Grave - Les Aventures de Nono.djvu/62

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au contraire, rappeler à lui toute son énergie et se remettre en route.

Secouant donc la tête, en signe de résolution et comme pour chasser les idées importunes, il se mit debout, pour reprendre sa marche, non sans avoir noué dans son mouchoir deux des corbeilles de fruits, qui lui restaient, et les avoir attachées à son poignet.

Mais, sans qu'aucun bruit lui eût révélé sa venue ni sa présence, une grande et belle femme se tenait devant lui. Son visage et son regard étaient aussi doux que celui de la mère des abeilles, mais on sentait, sous le charme du sourire, une volonté forte, une énergie puissante.

Nono s'arrêta intimidé, regardant curieusement la dame.

— Tu es brave, mon enfant, et c'est ce que j'aime chez les petits garçons ; mais je ne veux pas te laisser plus longtemps dans l'inquiétude. C'est moi qui, t'ayant remarqué depuis longtemps, et t'ayant entendu exprimer le désir d'avoir un livre de contes, ai voulu te donner le plaisir de le vivre toi-même.