Page:Groulx - L'appel de la race, 1923.djvu/161

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PRÉPARATIFS DE BATAILLE

— Oh ! parfait, ricana ici Duffin. Décidément, Rogerson, je m’en vais en remontrer à un maître tel que vous. Et cela flatte singulièrement ma vanité, ajouta-t-il, obséquieux. Mais qui parle ici d’un congé à Lantagnac ? Ma combinaison est encore plus simple et, si j’osais dire, plus habile. Si l’on refuse de lui signifier son congé, il peut peut-être le prendre de lui-même ? Qu’en pensez-vous ? Qu’on aborde hardiment ce farouche caractère, qu’on parlemente avec lui, qu’on aille même, s’il le faut, jusqu’à la menace inclusivement. Ensuite, vous me donnerez des nouvelles de ma recette.

Rogerson tendit la main à Duffin :

— Simplement merveilleux, mon cher ! Quand je quitterai le ministère je vous désignerai à ma succession.

— En attendant, les vingt mille piastres de Lantagnac me suffiront, répliqua Duffin, riant bruyamment.

— Mais comment les obtiendrez-vous ? lui demanda Rogerson. Faire congédier Lantagnac et vous installer dans son fauteuil me paraissent deux opérations bien distinctes.

— Opérations distinctes mais qui se tiennent, répondit Duffin. Et c’est ici que j’ai à vous demander un dernier service. Ces Aitkens Brothers considèrent Lantagnac comme irremplaçable. Ce sera à vous, Monsieur le ministre, de rappeler à ces messieurs que William Duffin est également un avocat bilingue, qu’il a quelque réputation, je