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L’APPEL DE LA RACE

intention. Cet après-midi on s’occupera d’elles au parlement d’Ottawa. Vous demanderez au Bon Dieu, tout à l’heure surtout, quand il sera dans vos poitrines, vous lui demanderez d’éclairer, de soutenir nos défenseurs, de leur inspirer les paroles qui conviennent à notre cause. Vous lui demanderez aussi d’ouvrir les yeux à ceux qui nous font du mal, qui veulent vous prendre vos bons Frères et vos bonnes Sœurs, qui voudraient vous empêcher, vous, petits Canadiens français et vous, petites Canadiennes françaises, d’apprendre la langue de vos mères. »

La messe continua. Sur le bois des bancs, les chapelets tintaient ou s’agitaient plus fébrilement entre les petites mains et l’église s’emplissait du bruissement des lèvres. À l’offertoire un chœur de jeunes voix commença de chanter à l’orgue. Puis, sous la direction d’un Frère qui vint se placer au haut de la balustrade, à l’unisson, l’assemblée des enfants vibra sous le souffle du cantique martial :

Nous voulons Dieu, c’est notre Père,
Nous voulons Dieu, c’est notre roi !

Nous voulons Dieu, dans nos familles…
Nous voulons Dieu, dans nos écoles…

Les voix enfantines attaquaient avec énergie le début de chaque couplet. L’orgue suivait bientôt avec ses résonances graves et profondes ; et il semblait que dans l’église de Dieu tout se mît