Page:Groulx - L'appel de la race, 1923.djvu/253

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Le coin tombe


Quand Lantagnac rentra chez lui, après une promenade à dessein prolongée, seule Virginia l’accueillit. La noble enfant était rayonnante. Elle sauta au cou de son père et plus longuement que jamais le tint embrassé.

— Vous savez, j’y étais, s’écria-t-elle, enthousiaste. Que vous avez été beau ! Que vous avez été grand !

— Merci, mon enfant, répondit le père. Aujourd’hui, pourtant, ma force ne m’est pas venue de moi seul.

Et, tout de suite, à voix basse, il demanda :

— Et votre mère ?

— Elle est sortie avec Nellie. En arrivant tout à l’heure, la servante m’a dit : « Madame vient de repartir ; elle m’a chargée de vous prévenir qu’elle rentrerait tard ».

Et Virginia ajouta, désolée :

— Elle y était, elle aussi.

— Je sais, dit le père.

— Vous l’avez aperçue ?… Je l’ai deviné, fit Virginia. Et cela vous a profondément troublé. On les appela pour le souper. Le repas fut silencieux. Ni l’un ni l’autre n’osaient parler davantage du grand événement de l’après-midi,