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L’APPEL DE LA RACE

je pars. Vous avez trop de foi pour que je m’essaie à vous le démontrer. Plus près de Dieu, vous le savez bien, je serai plus près de vous.

Elle ajouta encore, pendant que son père relevait la tête :

— Je veux aussi m’associer à votre oeuvre de réparation et de conquête. Après vous, vous le sentez avec peine, il y aura des Lantagnac qui combattront la tradition des ancêtres. Je veux, moi, enseigner la langue de mes aïeules et de mon père ; je veux la répandre pour que l’action des autres soit neutralisée. Il y aura aussi, vous le craignez encore, des Lantagnac que le mariage mixte exposera à la perte de la foi : Nellie a un fiancé protestant, Wolfred une fiancée protestante. J’espère que, pour eux, le Bon Dieu me comptera mon sacrifice.

— Ah ! noble enfant ! dit Lantagnac, qui l’attira vers lui. Sois bénie, ma Virginia, et va où Dieu t’appelle. Ton pauvre père pansera, comme il pourra, ses incurables blessures.

— Dieu lui-même vous les pansera, reprit la jeune fille, avec un air inspiré.

Puis, droite devant lui :

— Maintenant, dit-elle, j’ai encore un autre sacrifice à vous demander.

— Lequel ? demanda tout de suite Lantagnac, de nouveau effrayé.

— Demain, dit Virginia, vous me permettrez de partir avec maman. Quoi qu’elle laisse paraître, le départ, je le sais, lui sera infiniment