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LE COIN S’INTRODUIT

— J’ai promis à mes ancêtres de leur ramener, de leur restituer mes enfants.

— Bravo ! dit le Père dont les yeux furent traversés d’un éclair.

— Mes fils et mes filles, continua Lantagnac, ont, par leur mère, du sang anglais dans les veines ; mais par moi, ils ont surtout, le vieux sang des Lantagnac, de ceux du Canada d’abord, puis, de ceux de France, les Lantagnac de Monteil et de Grignan. Soit quarante générations. Je me le suis juré : c’est de ce côté-là qu’ils pencheront.

— Bravo ! répéta le Père Fabien.

— Je ne veux pas manquer de l’ajouter, voulut encore affirmer l’avocat : l’avenir chrétien de mes enfants me préoccupe plus que toute chose. Or, s’il est une vérité que mes études de ces derniers temps m’ont démontrée, ce sont les affinités profondes de la race française et du catholicisme. Je l’ai bien vu, Père Fabien : nulle n’est catholique comme elle. C’est la race de l’universel, Rivarol a écrit de la langue française, qu’elle porte « une probité attachée à son génie ». Moi, j’ajoute que cette probité lui vient de la meilleure substance de la pensée latine et chrétienne. Je l’ai donc décidé : mes enfants seront repris à leur éducation première. S’ils le veulent, je les remettrai dans le rythme de leur race, dans la bienfaisance de la tradition.

Le Père Fabien exultait. Il se leva à son tour ; il prit les mains de son dirigé et les lui pressant affectueusement :