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L’APPEL DE LA RACE

française. Cette année-là, disposant encore de quinze jours de congé, il résolut de les prendre avec ses enfants. Il s’était dit : « L’occasion est trop belle ; entrons tout de suite dans notre rôle de professeur. » Le premier jour de l’arrivée à la villa, le lac, un peu troublé dans la journée, se remit vers le soir au calme parfait. Tout invitait à la promenade.

— Allons sur le lac, dirent les enfants.

— Allons sur le lac, acquiesça leur père.

Il prit tout son monde dans une chaloupe qu’on eut vite fait de pousser à l’eau ; et il fut décidé que la première leçon de français se donnerait en plein air. Lantagnac donna l’ordre de cingler vers le fond d’une baie où le lac paraissait s’élargir et les montagnes se hausser. Tout à coup, la musique d’une fanfare fit s’arrêter les rameurs.

— Qu’est-ce que cette musique, dans cette solitude ? demanda Madame.

— Ce sont, sans doute, les scolastiques oblats, répondit Jules. Justement, ils ont leur maison de vacances à ce bout du lac.

— Mais n’est-ce pas le Père Fabien qui nous a déjà parlé de ces concerts en plein air ? fit à son tour Nellie.

— Tu dis vrai, lui répondit son père. Et ils les donnent, paraît-il, dans une vaste barque, au beau milieu du lac, pour jouir des échos des montagnes.

— Écoutez, dit Madame de Lantagnac.