Page:Groulx - Mes mémoires tome II, 1971.djvu/173

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TROISIÈME VOLUME 1920-1928 169 — Qu’y a-t-il de vrai dans cette rumeur qui court ici et là que vous seriez l’auteur des conférences de M. X, prononcées à la Sorbonne en 1928 ? Desrosiers me regarde d’abord fort étonné, puis se contente de sourire. J’ajoute: — Ne seriez-vous pas aussi pour quelque chose dans les Mémoires du même Monsieur qui paraissent actuellement par tranches dans La Presse de Montréal ? Même étonnement et même sourire. Pour les conférences en Sorbonne, je m’appuyais déjà sur une présomption. Léo-Paul Desrosiers m’avait, en effet, écrit le 7 mai 1928: M. L., comme je le sais de bonne source [c’est moi qui souligne], s’appuie en grande partie sur vos travaux historiques, dans la préparation de ses conférences... Dans ma correspondance avec Léo-Paul Desrosiers, corres¬ pondance, je l’ai dit, de plus en plus mince, je ne vois plus à retenir, au long des années qui suivent, qu’une lettre du 1er fé¬ vrier 1938. Il venait de publier un ouvrage d’histoire: L’Accal¬ mie, étude de la période de lord Durham. J’en avais écrit, en deux tranches, dans Le Devoir, une critique qui lui avait fait grand plaisir, critique que j’ai recueillie dans le 3e volume de Notre maître, le passé, sous le titre « Durham et son époque >: Vos articles dans Le Devoir en marge de L’Accalmie m’ont vivement intéressé, comme vous le pensez bien. Vous avez su développer d’une manière forte et saisissante quelques idées qui éclairent parfaitement le sujet ou lui font un cadre indis¬ pensable... Je vous remercie grandement d’avoir signalé mon modeste travail; cet encouragement public m’est précieux et il est de nature à m’aider beaucoup. Desrosiers ne se cachait pas néanmoins les réserves qui, en¬ tre les lignes, se glissaient dans mon compte rendu. Il y trou¬ vait encore occasion de se désoler sur sa malheureuse situation de travailleur intellectuel: Naturellement, me disait-il, vous voyez le livre beaucoup plus fort et plus solide qui aurait pu être écrit sur le sujet; je l’ai vu aussi. L'Accalmie souffre du même défaut qu’une grande partie