Page:Groulx - Mes mémoires tome II, 1971.djvu/251

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QUATRIÈME VOLUME 1920-1928 247 Et Papineau ajoute cette autre exhortation, cette fois à la mère éplorée: Chère amie, ... Aie donc plus de pieuse résignation pour ne pas toi-même manquer de soumission à la loi de peine et de douleur que t’inflige la Providence, pour ne pas détruire ta santé, que tu dois nous conserver... Les dévots ne veulent pas assez prendre des consolations que leur offre la Religion. Ils ne la voient pas sous le beau côté des consolations qu’elle doit donner... Aie foi et courage. Dieu peut le guérir, quoique sa guérison soit incertaine (30 novembre 1846). Lactance rentra dans sa famille, non guéri et profondément humilié. Jamais il ne pardonnera à ses parents de l’avoir con¬ duit dans une maison de santé. Au début de décembre 1847, il se croit en état de reprendre à McGill ses cours de botanique. D faut lui demander sa démission. Le malade ne l’accorde qu’avec peine. Quatre ans passeront. Un autre malheur vient frapper la famille Papineau: la mort du plus jeune des trois fils: Gustave, si remarquable, nous l’avons vu, par le talent et la distinction. Il meurt le 17 décembre 1851, après six mois d’une cruelle mala¬ die endurée chrétiennement. Le jeune homme succombe à vingt et un ans, emportant avec soi les plus chères espérances de sa famille. Lactance aimait beaucoup son cadet. Déjà, encore à Paris, à l’annonce d’une première maladie du collégien Gustave, il avait écrit au frère aîné (30 mars 1844): Quelles tristes nouvelles tu nous apprends ! Quelle douleur m’ont causée les maladies de maman et de Gustave ! Comment est-ce arrivé ?... Je m’inquiète que Gustave soit faible et délicat, que ses études en souffrent, et, peut-être encore plus grièvement, sa santé. Je suis ambitieux de ses succès. Non seulement, je souhaite qu’il soit fort et ne perde rien de ses cours au collège, mais je le voudrais plus instruit que ses camarades et qu’il ne demeurât pas ignorant des matières qu’on ne leur enseigne pas... La mort de Gustave jette Lactance dans une foudroyante prostration. Papineau écrit à O’Callaghan41 : « Our poor Lac¬ tance was crushed by that misfortune... » (25 janvier 1852). Dans la mort de son jeune frère, le pauvre dément croit discerner un 47. Edmund Bailey O'CaLlaghan, voir la note 39 de ce volume.