Page:Groulx - Mes mémoires tome II, 1971.djvu/317

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QUATRIÈME VOLUME 1920-1928 309 (X: 380), je note néanmoins qu’on discute ardemment « Notre avenir politique » « dans des milieux où notre revue n’est pourtant pas une hôtesse privilégiée. De temps à autre, c’est le courrier, c’est un journal qui nous révèle la marche irrésistible de l’idée ». La revue a cependant recueilli quelques témoignages que je reproduis ici pour leur importante signification. Deux de ces témoignages nous sont venus de Québec et de deux abbés, appelés à devenir un jour recteurs de l’Université Laval. Le premier, paru dans La Voix de la jeunesse catholique (III: 20), est de l’abbé Ferdinand Vandry 91, naguère professeur de théologie au Grand Séminaire de Québec, et, pour lors, aumônier du Cercle Bégin de l’ACJC. « Nous devons garder le meilleur de nos affections pour le Canada français », tout en étant Canadien, affirme d’abord l’abbé qui continue: Plus que cela, ne nous est-il pas très légitime... d’appeler de tous nos vœux le jour où la Providence divine, qui dispose de • la vie et de l’avenir des nations, permettra à la race française, émigrée en terre canadienne, d’atteindre au parfait épanouisse¬ ment de sa liberté et de goûter enfin, après de longues an¬ nées d’assujettissement, la pleine autonomie des nations juri¬ diquement indépendantes ? Le désirer serait-il donc un crime ?... Est-ce donc du chau¬ vinisme que de prévoir avec sagesse le jour où des événements que nous n’avons pas voulus nous mettront malgré nous dans l’obligation d’opter entre l’indépendance et l’annexion ?... Ne craignons pas de donner à notre idéal national un peu de con¬ sistance, de lui trouver enfin une formule, une formule claire et expressive, qui ait quelque chance de faire comprendre ce que nous voulons dire lorsque nous parlons de patriotisme canadien-français (L’Action française, IX: 381-382). Plus explicite se ferait l’éloge de l’abbé Cyrille Gagnon92 qui écrit, pour sa part, dans Le Canada français: 91. Ferdinand Vandry (1887-1967), ptre; prélat apostolique; profes¬ seur de philosophie au Séminaire de Québec (1915-1917); professeur de théologie à l’Université Laval de Québec (1917-1921, 1926-1942); directeur et supérieur du Grand Séminaire de Québec (1938-1945); recteur (1945¬ 1954); vice-recteur de l’Université Laval; vicaire général du diocèse de Québec (1945-1954); doyen de la Faculté de théologie (1954-1957); assis¬ tant-supérieur du Séminaire de Québec (1957-1967). 92. Cyrille Gagnon, voir la note 96 du deuxième volume.