Page:Groulx - Mes mémoires tome II, 1971.djvu/344

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336 MES MÉMOIRES la France. On me dispensera de revenir sur la fondation de notre Comité de propagande à Paris. Je rappellerai ici seulement notre collaboration à quelques-unes des grandes revues de France. Antonio Perrault envoie un article aux Lettres qui viennent d’ins¬ tituer une enquête sur le nationalisme. Le Père Lamarche, Jean Désy 111 collaborent à la Revue hebdomadaire; j’envoie moi-même un article à la Revue des Jeunes. Et nos regards vont au-delà de la France. L’Action française publie, en 1925 (XIV: 103-115), une étude signée Belga, sur « La question flamande en Belgique ». En mon voyage à Paris en 1921-1922, je charge l’abbé Fortunat Charron112 d’aller nous représenter à un Congrès international des Sinnfeiners irlandais. Le souci moral et religieux Je n’ai pas caché quelques-unes des inquiétudes qui m’assail¬ lirent le jour où l’on m’imposa la direction de L’Action française. L’œuvre était plutôt profane que religieuse. Un prêtre, même mandaté par son évêque, s’y trouverait-il à l’aise ? Inquiétudes déjà éprouvées à l’heure où l’on m’assigna la chaire d’Histoire du Canada à l’Université. Un type de prêtre m’a toujours paru dé¬ plorable: le prêtre « intellectualisé », comme on disait parfois. Et l’on entendait par là, le prêtre envoûté, absorbé par le travail intellectuel jusqu’à en perdre l’esprit sacerdotal. Type de prêtre- académicien ou désaffecté qui promène, dans les salons, un per¬ sonnage plus mondain qu’ecclésiastique. A Valleyfield, je crois l’avoir dit, je m’étais fortement attaché à ma fonction, moins pour son aspect enseignement, que pour le rôle d’éducateur et d’édu- cateur-prêtre qui m’offrait toutes les ressources et toutes les joies du labeur surnaturel. Le métier d’historien, absorbant et même débordant, me laisserait-il les contacts indispensables avec les réalités chrétiennes, les nourritures spirituelles, soutien de toute vie de prêtre ? Et lorsque à mon enseignement à l’Univer¬ sité serait venue se joindre la direction d’une revue d’avant-garde 111. M.-A. Lamarche, voir la note 122 du deuxième volume; Jean Désy, voir la note 124 du deuxième volume. 112. Fortunat Charron, voir la note 106 du deuxième volume.