Page:Gustave Flaubert - Œuvres de jeunesse, I.djvu/112

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obscènes supplices, je frappais les chrétiens, et je rugissais dans le Colisée avec les tigres et les lions.

XVIII

En France, au temps des rois, je venais siéger à leurs conseils ; j’étais alors, par exemple, la Saint-Barthélemy.

XIX

Rien ne m’a échappé, pas même le siècle de Voltaire qui s’élevait haut et grand, la tête fière et le visage arrogant, tout boursouflé de philosophe, de corruption et d’emphase ; je lui ai envoyé 93.

XX

Le siècle du grand homme ne m’a pas échappé non plus, qui, avec son air de cagotisme et sa main de philanthrope, est une vieille courtisane qui revient de ses fautes et commence une nouvelle vie.

XXI

Eh bien, à lui, si content de ses colonies d’Afrique, de ses chemins, de ses voitures à vapeur, je lui ai envoyé un fléau, une peste, mais une peste qui vient comme une bombe éclater au milieu d’un banquet plein de parfums et de femmes, qui vous prend les hommes, les enfants, et les étouffe aussitôt, le choléra, le hideux choléra qui, avec ses ongles noirs, son teint vert, ses dents jaunes, ses membres qui se convulsionnent, entraîne l’homme à la tombe plus vite que la flèche ne traverse les airs, que l’éclair ne fend les cieux.

XXII

Il est vrai de dire que les sangsues du docteur Broussais, la vaccine, le pâte de Regnault aîné, le