Page:Gustave Flaubert - Œuvres de jeunesse, I.djvu/111

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



XI

J’aime à prendre place aux banquets royaux, aux gais repas champêtres ; je m’assieds sur la pourpre, je m’étends sur l’herbe, et mon doigt glacé s’applique sur le front des seigneurs, sur le front du peuple.

XII

Souvent, en entendant les éclats de rire des enfants, en les voyant se parer de fleurs, je les ai emportés dans mes bras ; j’ai orné ma tête de leurs bouquets et j’ai ri comme eux ; mais, à ce son creux et sépulcral qui sortait de ma maigre poitrine, on reconnaissait que c’était une voix de fantôme.

XIII

Non, pourtant ! Ce fantôme était la plus vraie de toutes les vérités de la terre.

XIV

Et contre elle venant se briser tout, tout, et le fils de Dieu lui-même.

XV

Car cite-moi une vague de l’Océan, une parole de haine ou d’amour, un souffle dans l’air, un vol dans les cieux, un sourire sur les lèvres, qui ne soit effacé.

XVI

Tout l’avenir, te dis-je, viendra tomber devant ma faulx tranchante, — et même le monde.

XVII

Jadis, au temps des Caligula et des Néron, je hurlais dans l’arène, je venais aider Messaline à ses