Page:Gustave Flaubert - La Tentation de Saint-Antoine.djvu/304

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ANTOINE.

Oh ! Non, non, cela n’est point ! Vous mentez, n’est-ce pas, vous mentez ? Damis. Et alors nous vous avons embrassé avec joie et nous sommes repartis tous ensemble.

ANTOINE.

Sont-ce des prophètes ? Sont-ce des démons ? Leurs yeux étincellent, leurs lèvres tremblent. Il me semble qu’ils grandissent, qu’ils ne touchent plus terre. Damis. Et nous avons été au delà des colonnes d’Hercule, nous avons remonté le Nil jusqu’à sa source, qu’il connaît ; nous sommes retournés en Chaldée. Silence. Damis et Apollonius regardent Antoine fixement. Apollonius se rapprochant d’Antoine, avec calme. Pourquoite tourmentes-tu à chercher d’où vient ma puissance ?

ANTOINE.

Qu’en sais-tu ? Apollonius. Oui, c’est cela qui t’occupe.

ANTOINE.

Eh bien, oui ! Dis-le, parle ! Damis. Elle résulte…

ANTOINE

interrompant Damis, à Apollonius. Oh ! Non, pas lui, mais toi, toi ! Parle, toi, quoique je ne veuille pas t’entendre, ensuite va-t’en !