Page:Gustave Flaubert - La Tentation de Saint-Antoine.djvu/313

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


Les Elxaïtes reparaissant. Non, non, vis, la vie est bonne encore, Dieu maudit celui qui attente à lui-même.

ANTOINE.

C’est un crime. La Logique. Razias, qui était un juste, s’est frappé de son épée et a tiré ses entrailles avec ses mains. Maximilla Et Priscilla reparaissent, pleurantes et désolées. Antoine, oh ! Doux Antoine ! C’est toi que nous voulons, nous t’appelons, nous t’attendons, nous t’espérons. Nous entends-tu ? Nous entends-tu ? Les hérésies et les péchés reviennent, un à un, devant saint Antoine, qui reste assis sur son banc, la tête appuyée contre la muraille de la cabane, les mains pendantes, immobile, le regard fixe. Les Manichéens. Voici bientôt la fête du bhêma, vas-y ; tu saisiras par les deux bouts l’origine des deux principes, tu pénétreras dans l’essence des choses ; nous savons le calcul des soleils, le poids de la terre, le nombbe des âmes. Les Gnostiques. Plus profonde encore est la gnose mystérieuse : elle dresse à l’infini sa spirale, et, poussé par nous, tu monteras sans cesse vers les syzygies rayonnantes, qui te porteront en haut, au sein du bythos éternel, dans le cercle immuable du plérome parfait. D’autres hérésies surviennent de nouveau, au fond, en foule.

ANTOINE.

Ah ! Elles reviennent !