Page:Gustave Flaubert - La Tentation de Saint-Antoine.djvu/314

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Simon Le Magicien avec Ennoïa habillée tout en or. Oui, elles reviennent ! Et elle revient aussi, elle, purifiée, lavée, éprouvée ; elle est comme toi, elle a souffert, mais la voilà joyeuse maintenant, et prête à chanter sans en finir. La trouves-tu belle, hein ? La veux-tu ? C’est l’idée ; elle vaut mieux que la vierge, car elle a la connaissance de l’amour. Prends-la, elle est à toi, aime-la, la pénitence l’avive et la chasteté la complète.

ANTOINE.

Quelle prière dire ? Quel saint implorer ? à qui me vouer ? La Fausse Prophétesse De Cappadoce passant au galop au fond de la scène, penchée sur le cou de sa lionne, et secouant sa résine, crie : à moi ! à moi ! Les Péchés Capitaux criant tous. Nous ! Nous ! La Luxure relevant sa robe jusqu’au-dessus du genou. Mollet gras, rotule ronde, peau blanche, poil roux. Ah ! La chair ! Elle s’étale odorante aux narines ; douce au toucher, collante au ventre ! L’Avarice. De l’or ! De l’or ! ça brille, ça sonne, ça tourne, ça reluit. La Colère. Frappe ! Le coeur se dégorge quand la main brise. Dort ! Il est tard. La Gourmandise. Mange ! Tu as l’estomac creux.