Page:Gustave Flaubert - La Tentation de Saint-Antoine.djvu/332

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L’Espérance. Mais l’affliction est suivie de la joie, la douleur aura sa récompense.

ANTOINE.

L’affliction me débordait et j’étais écrasé par la douleur. La Charité. Tu souffrais pour toi seul ; le Christ, lui, a souffert pour les autres. Que n’immolais-tu ta souffrance dans la pensée des siennes ? Ton supplice t’eût pau doux à la tendre recordation du calvaire.

ANTOINE.

Ah ! Que ne l’avais-je ! La Foi. Le très-haut possède dans sa main les nuages et les pensées, il les lâche comme il lui plaît ou les retient à lui.

ANTOINE.

L’aridité de mon âme me désole. L’Espérance. Patience ! La pluie tombera, la grâce viendra.

ANTOINE.

Comment m’y prendre quand je sens que je n’aime pas ? La Foi. Croire toujours. L’Espérnce. Prier encore. La Charité. Souffrir beaucoup.

ANTOINE.

Ma tête malgré moi travaille, je rêve la grandeur divine,