Page:Gustave Flaubert - La Tentation de Saint-Antoine.djvu/377

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que de gâteaux syracusains mon roquet de Syracuse. Je prendrai un train de maison à la mode persique, avec des paons dans ma cour, et des robes de pourpre d’Hermione brochées de feuilles de lierre d’or, et l’on dira : " c’est Demonassa la corinthienne qui est revenue vivre parmi nous ; heureux celui qu’elle aime ! " car la femme riche, ô Lampito, est toujours désirée. Lampito. ô maîtresse, la jeunesse d’Athènes va dépérir d’ennui. Saint Antoine se voit lui-même, voit un autre saint Antoine qui passe et repasse dans la rue devant la maison de la courtisane. La Courtisane. Qui marche dans la rue, Lampito ? J’entends des pas. Lampito. Maîtresse, c’est sans doute le vent qui souffle dans les platanes. La Courtisane. J’avais peur que ce ne fût l’espion des archontes ; s’ils savaient que je dois partir, ils m’arrêteraient. Lampito. Mais au carrefour doré, trois mules t’attendent, avec un guide sûr qui connaît les défilés. Le Faux Antoine dans la rue. Entrerai-je ? N’entrerai-je pas ? Lampito. Ah ! Sans toi que les festins seront tristes ! On n’entendra donc plus ton rire argentin rebondir sous le plafond sonore des salles circulaires ! Aucune ne savait, comme toi, dans la bibasis dorienne, soulever à temps égaux son jupon rayé, ni danser la martypia d’une façon plus merveilleuse. Quand tu tournais autour des lits, la tête renversée, le bras droit étendu, en faisant dans tes mains sonner tes crotales noires, le vent rapide de ton