Page:Gustave Flaubert - La Tentation de Saint-Antoine.djvu/59

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


nant leurs œuvres ! L’époux va dire à l’épouse : « fais la charité à ton frère », et elle te baisera.

Les Nicolaïtes
assemblés autour d’un mets qui fume :

C’est de la viande offerte aux idoles ; prends-en ! L’apostasie est permise quand le cœur est pur. Gorge ta chair de ce qu’elle demande. Tâche de l’exterminer à force de débauches ! Prounikos, la mère du ciel, s’est vautrée dans les ignominies.

Les Marcosiens
avec des anneaux d’or, et ruisselants de baume :

Entre chez nous pour t’unir à l’esprit ! Entre chez nous pour boire l’immortalité !

Et l’un d’eux lui montre, derrière une tapisserie, le corps d’un homme terminé par une tête d’âne. Cela représente Sabaoth, père du diable. En marque de haine, il crache dessus.
Une autre découvre un lit très bas, jonché de fleurs, en disant que

les noces spirituelles vont s’accomplir.

Un troisième tient une coupe de verre, fait une invocation ; du sang y paraît :

Ah ! le voilà ! le voilà ! le sang du Christ !

Antoine s’écarte. Mais il est éclaboussé par l’eau qui saute d’une cuve.
Les Helvidiens
s’y jettent la tête en bas, en marmottant :

L’homme régénéré par le baptême est impeccable !