Page:Guy de Maupassant - Notre Cœur.djvu/302

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


— Et moi, il faut que je m’en aille bientôt, reprit-elle en regardant la montre cachée dans la pomme de son ombrelle.

— Oh ! pourquoi si vite ?

— Parce que je prends le train de cinq heures. J’ai à dîner plusieurs personnes, la princesse de Malten, Bernhaus, Lamarthe, Massival, Maltry, et un nouveau, M. de Charlaine, l’explorateur qui revient du haut Cambodge après un voyage admirable. On ne parle que de lui.

Mariolle eut un court serrement de cœur. Tous ces noms l’un après l’autre lui firent mal, comme des piqûres de guêpe. Ils contenaient du venin.

— Alors, dit-il, voulez-vous partit tout de suite, et nous ferons un bout de route ensemble, dans la forêt ?

— Très volontiers. Offrez-moi d’abord une tasse de thé et un peu de pain grillé.

Quand il fallut servir le thé, Élisabeth fut introuvable.

— Elle est en course, dit la cuisinière.

Mme de Burne ne s’en étonna point. Quelle crainte, en effet, aurait pu maintenant lui inspirer cette bonne ?

Puis ils montèrent dans le landau arrêté devant la porte, et Mariolle fit prendre au cocher un chemin un peu plus long, mais qui passait près de la Gorge-aux-Loups.

Lorsqu’on fut sous les hauts feuillages qui répandaient leur ombre calme, leur fraîcheur envelop-