Page:Guy de Maupassant - Une vie.djvu/151

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Pas de lune ; les étoiles luisaient comme une semaille de feu dans le noir du ciel ; mais la plaine était claire cependant, d’une blancheur terne, d’une immobilité figée, d’un silence infini.

Jeanne allait vite, sans souffler, sans savoir, sans réfléchir à rien. Et soudain elle se trouva au bord de la falaise. Elle s’arrêta net, par instinct, et s’accroupit, vidée de toute pensée et de toute volonté.

Dans le trou sombre devant elle la mer invisible et muette exhalait l’odeur salée de ses varechs à marée basse.

Elle demeura là longtemps, inerte d’esprit comme de corps ; puis, tout à coup, elle se mit à trembler, mais à trembler follement comme une voile qu’agite le vent. Ses bras, ses mains, ses pieds secoués par une force invincible palpitaient, vibraient de sursauts pré-