Page:Guy de Maupassant - Une vie.djvu/184

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L’autre alors, baissant la voix, se décida : « C’t’affaire d’ vot’ bonne… la Rosalie… »

Jeanne, ayant deviné, se leva et s’éloigna avec son enfant dans les bras. Et le baron prononça : « Approchez-vous, » puis il montra la chaise que sa fille venait de quitter.

Le paysan s’assit aussitôt en murmurant : « Vous êtes bien honnête. » Puis il attendit comme s’il n’avait plus rien à dire. Au bout d’un assez long silence il se décida enfin, et, levant son regard vers le ciel bleu : « En v’là du biau temps pour la saison. C’est la terre, qui n’en profite pour c’ qu’y’a déjà d’semé. » Et il se tut de nouveau.

Le baron s’impatientait ; il attaqua brusquement la question, d’un ton sec : « Alors, c’est vous qui épousez Rosalie ? »