Page:Héricourt - La Femme affranchie.djvu/33

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buons. La liberté n’est pas le pouvoir de faire tout ce qu’on veut et qu’on est capable de faire : cela, c’est la licence ; la liberté, c’est l’exercice des facultés dans les limites de l’égalité ou du Droit identique en autrui, dans les limites du Devoir.

Jusqu’à quel point la société a-t-elle le droit de s’immiscer dans le gouvernement de nous-même et de limiter notre liberté ?

C’est quand par des actes, et seulement par des actes, nous transportons dans la sphère d’autrui le trouble, que nous avons établi dans la nôtre : car nous ne pouvons en agir ainsi sans violer le Droit de quelqu’un.

Quant aux actes qui ne nuisent qu’à nous-même, la société n’a pas à les régler par la loi. Ce qu’elle doit faire, c’est de nous instruire, et de s’organiser de telle sorte, que nous n’ayons pas besoin de les commettre.

Il est de même bien entendu qu’en parlant de l’égalité, nous n’avons pas prétendu que nous fussions égaux ou même équivalents en valeur physique, intellectuelle, morale et fonctionnelle : non seulement nous différons tous ; mais encore, dans la même série de travaux, les uns excellent, d’autres sont médiocres, d’autres encore, inférieurs.

Ce n’est pas parce que vous êtes égales en beauté, en forces, en intelligence, en bonté, en talent, ni entre vous, ni avec vos frères. Mesdames, que vous êtes égales, à eux et à vos sœurs devant l’héritage : c’est parce que, sur ce point, on veut bien reconnaître que vous appartenez à l’espèce humaine et que, sans déchoir dans l’opinion, vos parents peuvent avouer que vous êtes, dans leur tendresse, les égales de Messieurs vos frères.