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HISTOIRE D’HÉRODOTE.

parce qu’elle lui témoignait plus de considération qu’à l’autre, le firent élever en public, et lui donnèrent le nom d’Eurysthènes, et à son frère cadet celui de Proclès. On dit que ces deux princes, étant devenus grands, ne purent jamais s’accorder, quoique frères, et que cette division subsiste pareillement parmi leurs descendants.

LIII. Tel est le récit des Lacédémoniens ; mais comme ils sont seuls de ce sentiment, je vais aussi rapporter les choses de la manière que le racontent les Grecs. Ceux-ci font une énumération exacte des ancêtres de ces rois doriens jusqu’à Persée, fils de Danaé, sans y comprendre le dieu[1], et ils prouvent qu’ils sont Grecs ; car, dès ces premiers temps, on les comptait déjà au nombre des Grecs. J’ai dit que ces princes doriens remontaient jusqu’à Persée, sans reprendre les choses de plus haut, parce que ce héros n’a point de père mortel de qui il ait pu emprunter un surnom, et tel qu’Amphitryon l’était à l’égard d’Hercule. J’ai donc eu raison de faire remonter seulement ces deux princes jusqu’à Persée. Mais si, à compter de Danaé, fille d’Acrisius, on veut parler de leurs ancêtres, on trouvera que les chefs des Doriens sont originaires d’Égypte. Telle est, au rapport des Grecs, leur généalogie.

LIV. Mais, selon les traditions des Perses, Persée était lui-même Assyrien et devint Grec, quoique ses pères ne le fussent pas. Ils conviennent aussi qu’il n’y avait aucune sorte de parenté entre Persée et les ancêtres d’Acrisius, ceux-ci étant Égyptiens, comme le disent les Grecs. En voilà assez sur ce sujet.

LV. Je ne raconterai point comment, étant Égyptiens, ils parvinrent à être rois des Doriens ; d’autres l’ont dit avant moi : mais je ferai mention des choses que les autres n’ont pas touchées.

LVI. Les Spartiates ont accordé à leurs rois les prérogatives suivantes : deux sacerdoces, celui de Jupiter Lacédémonien, et celui de Jupiter Uranien[2] ; le privilége de porter la guerre partout où ils le souhaiteraient, sans qu’aucun Spartiate puisse y apporter d’obstacle, sinon il

  1. Jupiter, dont Persée passait pour le fils.
  2. Céleste.