Page:Hafiz - Quelques Odes, traduction Nicolas, 1898.djvu/15

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— VII —

quait que du sel au plat préparé par toi avec ma personne, eh bien, ce sel, tu l’as déversé sur moi avec tes railleries. »

Cette comparaison peut-elle être admise ? Je ne le pense pas, pas plus d’ailleurs que celle de Sa’adi qui s’écrie dans son Terdji Bend : « Je n’avais jamais vu la lune avec un chapeau, je n’avais jamais vu un cyprès habillé. »

Réduite à ces proportions la traduction n’évoque plus que l’idée d’une image grotesque indigne de la renommée de notre auteur. On sait que les Orientaux en général, et les Persans en particulier, sont fort amateurs de beautés plantureuses. Le critérium de leurs comparaisons réside justement dans la rondeur d’un visage trop bien portant rapprochée de celle de la lune à son quatorzième jour. Ton visage ressemble à celui de la lune, s’écrient à chaque instant nos poètes, et Sa’adi va plus loin :