Page:Haraucourt - Amis, 1887.djvu/131

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sa curiosité anxieuse en fût encore à lui promettre la fin d’un rêve commencé…

Elle s’exprimait languissamment.

Georges cherchait la cause d’une si étrange confidence. En d’autres temps, il l’eût prise pour une invitation à tout oser : il la conçut un instant, cette idée d’une provocation galante, mais il la repoussa, honteux de l’avoir eue.

— Vous ne direz rien à Pierre, n’est-ce pas ?

— Si vous me promettez de ne plus…

— Promettre, non !

— Je ferai cacher la clef si bien…

— J’en ai l’empreinte !

— J’emporterai les…

— J’ai tout lu !

Elle éclata de rire.

— Soyez gentil. Voudriez-vous trahir ma confiance ? Je m’ennuie quand je suis seule. Laissez-moi mes livres.

— Pourquoi choisir ceux-là ?

Elle pencha la tête et dit : « Cela dépend des jours. »

Elle le caressait de la main, avec des mines d’enfant.

— Je suis une fille d’Ève, je voudrais savoir. Ai-je donc si mal agi ? D’autres le feraient et n’en causeraient pas.

Elle ajoutait encore :

— Je me suis déjà tant confessée à vous, ami !