Page:Haraucourt - Amis, 1887.djvu/301

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qu’il trouverait après son départ, comme dans un roman. La fantaisie était séduisante : les proses épistolaires ont tant de charmes pour ces belles !

— Ce serait bête.

Elle revint aux grandes malles et aux petits coffrets.

— Que conterai-je à ma chipie de tante ? Ah, tout ceci est déplorable !

Sa lettre d’adieu la hantait ; elle n’y put tenir davantage et aligna soigneusement quelques phrases prudentes où tout était dit, mais desquelles l’avocat le plus retors n’eût su tirer le moindre indice de la faute.

Quand ce fut terminé, elle relut, et, regardant l’ensemble des deux pages, elle se souriait de complaisance.

Elle vêtit une toilette de voyage et boucla sa valise.

Décidément, sa lettre était trop longue ; elle la froissa et la mit dans sa poche. La voiture était attelée.

Pendant que l’on chargeait caisses et paquets, elle examina le parc, derrière son rideau, avec l’espoir encore qu’on la guettait pour la retenir au passage.

Vite, elle ôta son gant de suède, reprit la plume et traça une seule ligne :

« Adieu. Je t’aime.

« Jeanne. »